Jacques Rivest, majordome de Phyllis Lambert

Ciel Variable, no 133, Septembre 2026.

Jacques Rivest agit comme majordome de Phyllis Lambert depuis bientôt 36 ans. Je le rencontre pour la première fois en 1996 au Centre Canadien d’Architecture, où je travaille à temps partiel comme libraire. Déjà à cette époque, la fonction de Jacques Rivest me fascine, car elle exige un code de conduite strict, ainsi que le respect de règles sévères d’étiquette, de discrétion et d’excellence.

Je me vois vite réaliser un documentaire sur cet homme humble et sympathique, à la fois invisible et omniprésent. Je cherche à comprendre ce qui pousse une personne à consacrer sa vie entière au service d’une autre. Je me questionne sur la frontière des sentiments, entre l’attachement émotionnel et la relation strictement professionnelle.

Trente ans plus tard, j’ai enfin la chance et l’occasion de réaliser ce bref documentaire. Il consiste en une entrevue vidéo et une série de photographies relatant une journée typique dans la vie de Jacques Rivest.

Phyllis Lambert (née le 24 janvier 1927) est une architecte, philanthrope et militante québécoise de renommée internationale. Issue de la puissante famille Bronfman, elle est reconnue mondialement en tant qu’architecte, auteure, chercheuse, conférencière, commissaire, critique d’architecture, citoyenne engagée et fondatrice du Centre Canadien d’Architecture (CCA) à Montréal, ainsi que pour son rôle dans la sauvegarde du patrimoine montréalais.

Au début de ce documentaire, on trouve Jacques Rivest à son poste dans la Maison Tate (1865), située sur la rue Bonsecours. Phyllis Lambert achète cet immeuble en 1974 pour le sauver de la démolition. Elle en fait sa résidence et la restaure en mettant en valeur les espaces ouverts, la lumière naturelle et les matériaux d’origine. Ce domicile devient également la première adresse du CCA.

L’avant-dernière photographie de cette série montre Jacques Rivest devant la maison Shaughnessy (1874). Phyllis Lambert acquiert cette grande demeure victorienne en 1974 pour éviter ici encore la démolition d’un élément important du patrimoine. Après sa restauration, cette maison devient le pavillon administratif du CCA. S’y greffe en 1989 une partie moderne comprenant salles d’exposition, archives, bibliothèque, centre d’études, librairie et autres services muséologiques.

01_Jacques Rivest à son poste de travail dans la galerie principale, au rez-de-chaussée. En arrière-plan, une série de photographies de Richard Pare tirées du portfolio Les pierres grises de Montréal.

02_Galerie principale de la résidence, au rez-de-chaussée.

03_Lit de camp pliant pour les moments de grande fatigue.

04_Grande salle (atrium) avec la sculpture À la recherche de Pline de Melvin Charney.

05_Jacques Rivest au téléphone avec un fournisseur pour une réception à venir.

06_Petite cuisine près de l’atrium.

07_Jacques Rivest apportant une tasse de lait chaud demandée par Phyllis Lambert.

08_Jacques Rivest en conversation avec Phyllis Lambert qui se trouve en haut de l’escalier, au deuxième étage.

09_Fin de la conversation avec un heureux dénouement.

10_Max dans l’ascenseur pneumatique.

11_Max accueilli pour sa première marche matinale par Jacques Rivest.

12_Petite sortie matinale de vingt minutes.

13_Sortie hygiénique de Max sur la rue Bonsecours.

14_Jacques Rivest portant son inséparable béret sur la rue Bonsecours.

15_Jacques Rivest jouant son rôle de détective pendant une filature.

16_Jacques Rivest près du marché Bonsecours.

17_Jacques Rivest en route vers le Centre Canadien d’Architecture.

18_Jacques Rivest devant la maison victorienne Shaughnessy, le pavillon administratif du CCA.

19_Jacques Rivest dans le jardin de sculptures du CCA sur René-Lévesque Ouest.